L'espace géographique des villes. Pour une synergie multistrates

1998

REYMOND H., CAUVIN C., KLEINSCHMAGER R. (coordonné par) - 1998 - Anthropos, Collection Villes, 560 p.

La géographie privilégie, à travers ses cartes, une vision bidimensionnelle des systèmes d'habitat. L'aménagement, planifié ou non, procède dans la même ligne par une juxtaposition de surfaces nouvelles à des surfaces déjà occupées. L'urbanisation « aérienne », centrée ou éclatée, traduit ponctuellement par ses densités cette difficulté à loger un volume croissant de population, en respectant par habitude une contrainte surfacique limitative de la disposition des lieux selon une réseautisation de plus en plus étalée. Cet ouvrage argumente pour une transformation du regard géographique qui ouvre l'écoumène à l'élection raisonnée d'un arrangement multistrates. Il intègre la surface, libérée de l'obligation d'étalement, dans une théorie urbanologique qui la traite en synergie fonctionnelle, cohérente avec les potentialités aériennes et souterraines qui l'accompagnent obligatoirement selon des idiosyncrasies de sites historiquement et géographiquement différenciées. Cette "chorotaxie tridiastatique" s'appuie sur les travaux d'E. Utudjian et de S. Barles quant à l'urbanisme souterrain et la conception d'individuation des objets techniques de G. Simondon, appliquée ici au mode d'émergence des compositions intra-urbaines, quant au maintien processuel d'une cohérence géographique qui, incontournable, ne garantit, cependant pas seule, la cohésion sociale indispensable au développement « durable » réclamé par l'achèvement humain et technique de l'écoumène : les urbains , vivant loin de l'équilibre de leurs sites de ressources, sont obligés d'appareiller la planète de voies et de lieux néguentropiques qui organisent spatialement la solidarité de leurs accroissements démographiques.

Ce travail (entrer et circuler en ville - résider et travailler en ville - connaître et risquer la ville) présente une partie des recherches du laboratoire Image et Ville.